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Ann O'Nymous

Vérification des faits

L’apparition des vidéos sur le site de la scientologie va entraîner une action importante sur Enturbulation, suite à la parution d’un article sur le journal en ligne français Bakchich[1]. L’article affirme que le Français apparaissant  dans l’une des vidéos n’existe pas, que c’est un acteur.

La réaction est foudroyante. Puisqu’il y a au moins un imposteur, peut-être en existe-t-il d’autres ? De nombreux anonymes partent en chasse pour débusquer ces imposteurs. Dans certaines vidéos, les personnes sont présentées au moyen de termes générique, par exemple président d’une ONG ivoirienne, ce qui ne facilite pas leur identification.

[2]

Finalement, il s’avèrera que la plupart de ces personnes existe bien, même si certaines informations ont été « gonflées ». Entretemps, Bakchich complète son enquête. Le Français qui s’exprime dans la vidéo existe bien. Simplement, il a été adjoint au maire d’un arrondissement de Marseille, et non pas au maire de Marseille[3].

Dans l’ensemble, nous avons fait chou-blanc, mais cela aura des suites, sous la forme de la recherche des scientologues dans les groupes servant de paravent à la scientologie (front groups) : Commission des citoyens pour les droits de l’homme (CCDH), Narconon, Criminon, Jeunesse pour les droits de l’homme, Oui à la vie, Non à la drogue… en tout plusieurs dizaines de groupes.

Là, la recherche est beaucoup plus fructueuse et rapide : une vérification sur un site recensant toute personne ayant suivi un cours de la scientologie[4] et l’on obtient assez vite une bonne idée de qui est qui : par exemple, sur les 170 membres du conseil d’orientation de la CCDH, pas moins de 70 scientologues sur 170 membres. La présence de certains artistes constitue une première indication : la plus assidue est sans conteste l’actrice Anne Archer, que l’on retrouve presque partout…

L’ensemble de ces recherches sera regroupé au sein d’un ensemble appelé Fact-checking (Vérification des faits)[5].

La prochaine étape consiste à contacter les non-scientologues pour leur demander de reconsidérer leur appartenance à une entité contrôlée par la scientologie. Les réponses reçues, peu nombreuses, sont décevantes. Les gens semblent toujours avoir une bonne excuse pour ne rien changer. Pour les uns, la scientologie est un moindre mal face à un ennemi encore plus puissant, l’industrie pharmaceutique (big pharma). Pour d’autres, le travail effectué sur le terrain avec la scientologie a prouvé son efficacité. Ces personnes – appartenant souvent à de petites structures locales – acceptent l’aide que leur apporte la scientologie, sans trop regarder ce qui se passe globalement.

Pour certains anonymes, c’est un peu la douche froide. Certains s’imaginaient sans doute qu’il suffisait d’informer les gens du statut de paravent de l’organisation pour entraîner leur retrait. Le travail à fournir pour essayer de convaincre ces personnes sera long et difficile. La plupart des volontaires se découragent…




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