Le 4 juin, j’ai vécu ma première descente au dôme du tonnerre (thunderdome). C’est un endroit charmant où on laisse les plus retardés des anonymes s’en prendre à un autre sous le prétexte qu’il ose exprimer son désaccord avec certains anonymes.
Petite chronologie. Le premier message (opening post) se plaint que les raids sont régulièrement déplacés du sous-forum Breaking news à Local events. La discussion s’engage avec les pour, les contre et les bien au contraire. A un moment donné, j’entre dans la danse avec l’argument que ce sous-forum est destiné aux informations trouvées dans les médias (articles de presse, émissions de radio et de télévisions, news en ligne). La discussion continue, j’insiste, on m’indique que je pinaille (signal d’alerte que je ne comprends pas sur le moment). A un moment donné, je retourne à la définition fournie pour ce sous-forum et poste un message pour admettre que ma lecture est sans doute trop réductrice et conclus en me ralliant à une proposition qui vient d’être faite et qui clarifierait tout. Mais c’est trop tard.
Peu après, je suis accusée d’avoir pollué le sujet par mes demandes de clarification des termes. Dans le jargon, cela s’appelle « pleurnicher » (bawing) et c’est un grave délit…
Premier round Le sujet est transféré dans le dôme et je suis la cible d’attaques que vous me permettrez d’évoquer en termes parfois elliptiques. Se basant sur mon pseudonyme à consonance féminine, je me fais traiter par un mod de prostituée, puis sont successivement publiées des photos de macs (noirs, bien sûr), de pilules pour le traitement de certaines maladies communes dans la profession. Dès le départ, d’instinct, je décide de répondre du tac au tac, mais avec des mots et en restant (presque) polie. S’ensuit une succession à peine soutenable d’images gore et macabres, parfaitement gratuites. Je continue à répondre à chaque message ou presque, sur un ton léger, quoi que légèrement provocateur. A un moment donné, au milieu de la nuit, je me retire en disant que je reviendrai.
A mon retour, je relance la discussion, utilisant même le terme de « petits branleurs » pour réanimer la flamme. A titre d’échauffement, le mod publie des photos de moi, du moins dans son imagination (nous reviendrons à ces photos par la suite). Puis des photos de plusieurs leaders noirs américains des années 60 et 70, puis du Ku Klux Klan. Devant mon étonnement et mon amusement sur son échelle dans l’horreur, il joue son atout : une photo à caractère auto-scatologique. Ma réponse, dans laquelle je lui demande s’il publie des photos parce qu’il a la bouche pleine, ne semble pas l’amuser. Des variations sur le thème sont ensuite publiées, avec des rajouts de moins en moins lisibles. A la fin, insulte suprême, je me fais traiter de pédé. Je demande alors au mod s’il est scientologue, trouvant son échelle de l’horreur très similaire à la leur. Il me le confirme et, content de lui, le mod m’informe qu’il est fatigué après tous ces efforts et qu’il va dormir. Il ne reviendra pas… Ses minions prennent le relais, mais le cœur – ou l’inspiration – n’y est plus et j’ai la (fausse) impression d’avoir gagné.
Si j’en étais restée là, je pense que tout serait rentré dans l’ordre, même si j’étais devenue la risée de tous les oldfags. Mais il y avait ces photos de « moi » ou plutôt la manière dont elles ont été publiées.
Deuxième round Un peu sonnée, mais déterminée à comprendre ce qui vient de se passer, je reprends l’ensemble des messages. Je détecte l’alerte qui m’a échappée la première fois, regrette que mon attitude conciliatrice n’aie eu aucun effet et repasse – rapidement et en me pinçant le nez – la série de photos. C’est alors que je constate une anomalie sur « mes » photos. Elles sont publiées sous mon nom. Sur les deux premières, la rubrique d’édition montre clairement qu’elles ont été éditées par le mod, qui en a le pouvoir (ce que je sais depuis ma brève période à ce poste). C’est de la tricherie – ce qui tend à démontrer qu’il commence à perdre pied – mais au moins c’est clair. Sur la troisième, rien. On pourrait donc penser que c’est moi qui l’ai publiée. J’envoie un rapport aux administrateurs (admins) et aux mods pour demander si l’usurpation d’identité est autorisée sur Enturbulation. N’ayant pas reçu de réponse dans un délai que je juge raisonnable (plus de 12 heures), je décide de tirer cela au clair.
Sachant que cela va m’attirer des ennuis, mais ayant finalement conclu que la question était trop grave pour être laissée en suspens, je publie un nouveau sujet suggérant la possibilité d’un abus d’identité par un admin ou un mod. On me répond que ce genre de sujet se règle en contactant un de ceux-ci par message privé. Je réponds que je refuse de m’adresser potentiellement à l’auteur du délit. Retour au dôme. Je continue à argumenter face aux explications alternatives (et fausses) fournies et aux quolibets. Je demande simplement que l’on m’explique ce qui s’est passé. Finalement, un admin compatissant me demande à quoi je fais référence et m’explique qu’effectivement, il est possible de modifier un message sans que cela se voie. Forte de cette information, qui est complètement nouvelle, je publie un message dans lequel je reconnais mon erreur sur l’abus, mais mentionne mon malaise quant à ces modifications invisibles.
Troisième round Ecœurée de ce que je perçois comme une violation de mon identité – même fictive – je réfléchis longuement à la nouvelle situation. Etant devenue la risée des oldfags – mais auteure de nombreux sujets appréciés de certains dans la partie « normale » du forum – j’entre-aperçois un futur possible dans lequel un mod ou un admin espiègle s’amuserait à modifier ces messages pour poursuivre l’œuvre entreprise dans le dôme. Cette possibilité me rend malade. Je décide d’anticiper ce coup potentiel en vidant tous les messages importants que j’ai publié par le passé.
Lorsque les premiers messages tombent pour demander la raison de cela, je publie un bref message posant la question du respect de l’identité. On me répond de me taire. Deux messages sont restaurés à partir des archives. Je les vide à nouveau. Un mod m’informe que je dois cesser. Je lui réponds que je pense avoir le droit de les détruire, les ayant rédigés de A à Z. Il me répond que ces posts sont utiles au projet général. Je reçois un avertissement (infraction). Plus grave, je reçois la confirmation qu’un message peut être modifié – dans ce cas rétabli – sans laisser de trace, y compris dans la partie « normale ». Je fais part de mon désaccord quant à ce rétablissement et demande qu’au moins l’intervention d’un tiers soit clairement visible. Avertissement.
Finalement, plusieurs de mes sujets ont été remis en ligne sans mon consentement. Au moins un de mes sujets a été repris par un tiers. Mon nom a complètement disparu de ce sujet, y compris dans le contenu comme traductrice.
Je me tiens à carreau sur Enturbulation, mais j’ai décidé d’ouvrir le débat sur le présent blog. L’avenir dira comment Enturbulation appréciera cela.